Ah ! Il y a un nouveau Erri de Luca ? Super ! Trouver ce livre au milieu des nouveautés proposées par la librairie Monet est un peu comme se promener distraitement sur le Golgotha et tomber par hasard sur le Saint Graal. Tout de go, j’oublie toutes les « valeurs sûres » de la rentrée littéraire, j’oublie même le dernier Tonino Benacquista et je me concentre sur Le plus et le moins (Il più e il meno) d’Erri de Luca. Case closed !

Erri de Luca ne cherche jamais à vouloir épater la galerie ou d’adopter un style d’écriture « à la mode » qui fera plaisir aux hipsters. Erri de Luca est un simple artisan du papier et de la plume. Ou du clavier et du traitement de texte. Mais d’abord et avant tout, Erri de Luca est un ouvrier. Dans l’introduction de son œuvre Non ora non cui (Pas ici, pas maintenant), il résume son travail de cette manière :

J’ai fait le plus vieux métier du monde. Pas celui de la prostituée, mais l’équivalent masculin, l’ouvrier, qui vend son corps à la force de son travail. J’ai eu des nouvelles précises et matérielles du verbe travailler. Je ne peux m’en servir pour ce que je fabrique avec l’écriture. Écrire a été et reste pour moi le contraire, un temps de fête dans une journée de corps vendu pour un salaire. Ce fut du temps sauvé.

C’est ce que je dis, un artisan. Un cisailleur d’histoires, un astiqueur de réalités. Et ce, sans être au crochet de la société, rejoignant ainsi Gianmaria Testa qui, malgré sa carrière musicale ponctuée de succès, est demeuré chef de gare à Turin jusqu’à ce que ce ne soit plus possible. Comme les beatniks aussi qui travaillaient le jour et écrivaient le soir.

Mais retournons à ce livre, à ce Le plus et le moins. Qu’est-ce qu’on y retrouve ? Une foule de petits textes qui sont des repères géographiques marquants dans le parcours d’Erri de Luca. Des expériences, des rencontres littéraires et historiques, des promenades, des flashs, des souvenirs. Des moments de lecture agréables, qui pourraient s’apparenter à ceux que l’on vit en parcourant La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de Philippe Delerm, quoique ce dernier se veut un petit manuel du bonheur, tandis que le livre de de Luca regroupe des fragments de vie.

Comment a-t-il construit sa vie ? Quels ont été ses combats ? Ses plus beaux accomplissements ? Pourquoi ses racines napolitaines sont-elles si importantes ? De Luca construit des petites pièces d’écriture avec des matériaux simples, c’est-à-dire une écriture aérée, des phrases courtes, des images empreintes de poésie.

Petit à petit, le voilà qui érige un véritable château !

De Luca, Erri : Le Plus et le moins
Gallimard, 195 pages
26.95 $

edl

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