Luigi Mancinelli… Cela vous dit quelque chose ? Chef d’orchestre admiré par Wagner et Verdi ? Instigateur de la renaissance de la musique instrumentale italienne ? Précurseur de Martucci et Respighi ?

Luigi Mancinelli

Non ? Je ne vous blâme pas. Un autre artiste de très grand talent qui a malheureusement sombré dans l’oubli. Dommage… Suffit d’entendre les Scene Veneziane (Scènes vénitiennes) pour aussitôt partir en gondole, bien que la Fuga degli amanti tirée de ses magnifiques Scene me fait penser davantage à une musique d’accompagnement de dessin animé de Looney Tunes…

Né à Orvieto en 1848, alors dans les États Pontificaux, Mancinelli étudie l’orgue et le violoncelle en compagnie de son frère Marino. Plus tard, on le retrouve au sein de l’orchestre du Teatro Della Pergola de Firenze (Florence). Dans cette magnifique ville de Toscane, le jeune homme étudie le violoncelle et la composition.

Ses débuts à la tête d’un orchestre ont sûrement été tout un événement ! En effet, être appelé à diriger Aïda du grand Verdi… Imaginez ! Nous sommes en 1874. Mancinelli a 28 ans et doit remplacer le chef titulaire, alors pris d’ébriété. Autrement dit, trop ivre pour être au pupitre… Ce sera pour lui le début d’une grande carrière. De Rome, au Teatro Apollo, il ira ensuite au conservatoire de Bologna (Bologne) puis le monde : Madrid, Londres, Lisbonne, Buenos Aires, New York. Son nom sera associé aux opéras de Verdi et de Puccini.

Mais il ne faut pas oublier que Mancinelli est aussi un compositeur. De la musique sacrée (non liturgique) aux compositions symphoniques, en passant par des opéras lyriques, son oeuvre est magnifique et mérite qu’on s’y attarde… à moins bien sûr de trouver des enregistrements ! Je suis tombé par hasard sur les Scene Veneziane alors que je cherchais une symphonie de Léopold Mozart… Le hasard fait donc bien les choses !

Et ce qu’il compose n’a rien à voir avec un quelconque complexe du « chef d’orchestre voulant être reconnu pour autre chose que la direction d’orchestre ». Ses compositions sont sophistiquées pour l’époque (fin XIXe siècle), démontre qu’il est bien au fait des dernières tendances. On le ressent dans ses oeuvres aux accents plus atmosphériques comme ses Intermezzi ou ses musiques pour le théâtre.

Luigi Mancinelli est mort à Rome, le 2 février 1921. Dans sa ville natale d’Orvieto, le théâtre principal porte son nom. Même à Rome, il existe une rue Mancinelli.

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