L’Italie a donné au monde catholique l’un de ses saints les plus influents et les plus aimés : François d’Assise. François Cheng, un membre de l’Académie française, en a fait le sujet de son dernier livre. Voici l’article que j’ai consacré à cet ouvrage pour le compte du Prince Arthur Herald.

François Cheng : voir Assise et revivre

François d'AssiseDans le Québec d’aujourd’hui, le Québec que nous connaissons et que nous voyons évoluer vers une tangente où la religion est peu considérée (au point de transformer des églises en condos ? Hélas, oui), un critique littéraire prend un certain risque à faire la critique d’un livre inspiré par un sujet chrétien. Même si cet ouvrage a été écrit par un membre de l’Académie française ? On dirait, oui. Même si l’ouvrage a reçu la marque « coup de cœur » de Renaud-Bray ? Assurément, oui. Donc, vivons dangereusement : Assise – Une rencontre inattendue de l’auteur français François Cheng, de quoi il en retourne ? D’un guide de voyage bien particulier, d’un récit de vie inspirant et de réflexions sensées sur l’humanité oubliée de François d’Assise, probablement l’un des saints les plus fascinants du monde occidental. Bref, une lecture fascinante.

Quand François rencontre François

Cette histoire a d’abord été publiée dans la revue Études Franciscaine en 2012 puis offert en édition brochée par la maison Albin Michel. François Cheng se penche sur sa jeunesse d’exilé. Nous sommes en 1961. Cheng est loin de sa Chine natale. En effet, nous le retrouvons en exil à Paris. Il y vit depuis le tout début des années 50. Il a quitté son Empire du Milieu avec ses parents en proie à la guerre civile.

D’abord installé aux États-Unis, il décide de s’envoler vers la France. Malheureux, désoeuvré, il accepte un jour de suivre ses amis vers Assise, destination-clé du tourisme religieux. Il fait ce voyage un peu à contre coeur. Or, dans ce lieu, il est frappé par une révélation. Non pas comme celle qui frappa François d’Assise, dans une église Saint Damien en ruines, alors que Jésus lui demanda humblement de relever l’église et de le faire humblement. Pour François Cheng, Assise, avec sa constitue la fin de son exil et le début officiel de sa vie d’occidental. « Ah ! C’est là le lieu, mon lieu ! » Le tout sous l’égide du saint le plus représentatif de l’idéal chrétien en termes de charité, de dévouement, d’abnégation et de don de soi. En 1971, Cheng est naturalisé français. Il change son prénom pour celui de François et connaît une belle carrière dans le domaine des Lettres.

Récit sur un voyage, sur les lieux à voir, à sentir et à entendre à Assise. Récit sur ces édifices, ces pierres, cette végétation qui rappellent à l’auteur membre de l’Académie française quelques éléments de sa culture et sa spiritualité chinoises. Récit sur la quête spirituelle de François d’Assise, son dépouillement, son vœu d’aider les pauvres et les désoeuvrés, les malades et les laissés pour compte, tout en combattant ses propres démons qui sont demeurés vivifiants au sein de son renom, de sa famille, de sa noblesse. Bref, récit lumineux empreint de sagesse et qui donne envie de l’Italie, envie d’une rencontre avec le saint de tous et de toutes.

Lu dans la quiétude de l’église Saint Ambroise, à deux pas de la Petite Italie, et devant un espresso doppio dans un caffè San Simeon étrangement calme pour un lundi matin.

François Cheng : Assise – une rencontre inattendue
Éditions Albin Michel, 51 pages
15,95 $

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