Cette semaine : mon premier contact avec une « bella d’Italia »

La scène se déroule dans le quartier Val-des-Arbres à Duvernay, Laval. Un quartier où quelques Italiens cohabitent paisiblement avec beaucoup de Franco-québécois. Ces derniers sont fiers de leur dire qu’ils mangent leur « spaghatte » avec de la sauce à la viande (bolognese). Les quelques Italiens approuvent tout en réprouvant intérieurement ce « crime » culinaire. C’est qu’on utilise la sauce bolognese dans la lasagne… Mais bon, ils sont tellement gentils, les Pepsis, hein ?

-Heille ! Regarde la fille qui passe ! C’est une Italienne ! Ha ! Ha ! Italienne ! Italienne !

J’avais sept ans à l’époque. Je savais ce qu’était l’Italie, je connaissais aussi les couleurs qui composaient le drapeau italien -vert, blanc, rouge- et que les spaghettis faisaient partie de leur alimentation. Mon ami, lui, savait reconnaître les Italiennes. Visiblement, il ne semblait pas les apprécier.

-Italienne ! Italienne ! Hurlait-il à l’adolescente, tout en la pointant du doigt.

Tout ce que je trouvai à faire fut de rigoler et de l’imiter, sans doute pour ne pas décevoir mon ami qui, visiblement, m’influençait beaucoup. Jamais les Italiens ne m’ont dérangés. Sauf cette journée-là.

La jeune fille poursuivit sa route en nous ignorant. Je sus toutefois bien assez vite que nos paroles l’ont dérangées puisque vers la fin de l’après-midi, elle vint voir ma mère pour lui parler…

Le savon qu’elle me passa après ! Ma mère avait tellement honte de savoir que je m’étais comporté de la sorte ! Et moi aussi, au plus profond de moi ! Mais pourquoi ? Quelle mouche m’avait donc piqué ce jour-là ? Je n’ai jamais rien eu contre les Italiens. Bien sûr, avec des amis, nous poussions quelques blagues qui, aujourd’hui, m’apparaissent tout à fait idiotes. Des blagues de « WOPS », sur leur supposé « peur » du savon, par exemple. Comment peuvent-ils détester la propreté puisqu’ils sont des maîtres dans l’art de la séduction ? Et pendant la Renaissance, qui a montré aux nobles français à manger proprement ?

Ma mère avait bien raison de me sermonner de la sorte. Je n’étais pas bien méchant. Seulement influençable. De toute manière, j’ai toujours aimé les Italiens, au point d’ajouter le tricolore vert-blanc-rouge dans un dessin de mon école Michelet que j’avais exécutée lorsque j’étais en maternelle. Si seulement je pouvais le retrouver !

Je me suis officiellement excusé en me présentant chez elle, avec un bouquet de fleurs. Elle m’a souri tendrement. Je vous l’avais bien dit que je n’étais pas méchant ! Ce fut, sans le savoir, le début d’une fascination pour un pays qui incarnait la féérie à mes yeux. Une féérie surtout linguistique.

La suite plus tard !

Jeu fan Squadra Azzura

P.S. : Petite revanche sur cet « incident » : mon fils est un grand italophile 

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